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La poussette et le métro

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Il y a des jours, comme ça, on en a marre. Rien ne va ! Aujourd'hui, j'ai envie de pousser mon "cri sauvage" (pas de souci, Antoine me bat encore dans la catégorie des cris perçants !). La capitale parisienne a beau avoir des avantages (culturels, touristiques, etc.) mais il est vrai que côté transport, la vie n'est pas facile pour les personnes qui se déplacent avec des roues (fauteuils, poussettes). C'est très frustrant. Il y a des marches PARTOUT. Heureusement que certaines stations sont équipées d'escaliers automatiques ou d'ascenseurs mais elles sont loin de toutes l'être ! Et puis d'ailleurs, les escalators ne sont pas du tout recommandés aux poussettes : voyez-vous, une roue coincée ne résiste pas à la puissance de ces escaliers mécaniques ! Alors il y a des marches pour descendre puis monter puis redescendre pour finalement remonter... Quand le bébé est petit, le porte-bébé (ou écharpe de portage) est vraiment pratique et quasiment inévitable mais il arrive un jour où le poussin devient vraiment trop lourd et malheureusement la poussette incontournable. Et là, c'est le début des galères.

Tout commence avec la poussette qui doit passer par les entrées et sorties. Il n'y a pas à se torturer l'esprit, seules les poussettes-cannes peuvent passer sans avoir à demander l'aide de l'agent RATP pour vous ouvrir le portillon.
Puis ça continue avec les escaliers car avant de pouvoir rentrer dans la rame du métro, il faut déjà pouvoir les descendre, ces escaliers. Perso, la plupart du temps, je lève le système "poussette - Antoine" toute seule (12 kg pour un garçon de 21 mois + 6 kg de poussette = 18 kg à bout de bras). J'ai trouvé qu'il y avait plusieurs comportements des usagers du métro face à une pauvre maman :

  • les "pressés" : ce sont ceux qui courent, ils vous ont repérée de loin et ont déjà calculé leur trajectoire pour vous éviter le plus possible, façon "j'ai pas l'temps, 'suis pressé et je suis tellement en retard que je n'avais même pas pris le temps de vous voir !" - Face aux pressés, nous, pauvres mamans invisibles, n'avons aucune chance. Ce sont les plus nombreux.
  • les "timides" : ce sont ceux qui n'osent pas vous aider. Ils vous ont vues, ils se sont rapprochés mais non ! Rien...
  • les "blessés" : ce sont ceux qui vous disent "je vous aiderais bien mais j'ai mal au dos / au genou / etc." C'est bien gentil, l'intention y est (presque)  mais ça ne va pas aider le mien, de dos !
  • les "serviables" : ce sont ceux qui vous aident à porter votre poussette, souvent des femmes, mamans ayant vécu la même expérience.
  • les "super-héros" : si si, ils existent et je peux les compter sur les doigts d'une main. Ceux-là, ils vous prennent la poussette et insistent pour la porter eux tout-seuls. Souvent ils proposent également de poursuivre leur exploit pour d'autres escaliers, quitte à modifier leur parcours. Curieusement, ce sont de jeunes hommes. Dans ces cas-là, ma petite larme n'est pas loin. Merci !

 

Puis vient l'épreuve de la poussette dans le wagon en période de forte affluence (heure de pointe... et oui, moi aussi, je vais travailler !). Vous pensez qu'une poussette (rouge comme la nôtre, en plus), personne ne peut la louper. Et bien, la plupart des usagers ne bouge pas leurs pieds. Au début j'étais gentille et je prévenais "attention à vos pieds, Madame / Monsieur !". Mais après plusieurs semaines, j'ai abandonné et depuis je roule sans pitié sur les pieds de ces "pauvres gens".
J'ai déjà eu droit au "le pauvre petit, dans le métro !". Je pense que ce n'est pas le plus à plaindre, il est assis dans sa poussette, protégé par sa Maman.
Et puis, il y a aussi le fait que je prends de la place et parfois, je sens certains regards accusateurs.
Heureusement que je n'ai que 4 stations !

Et maintenant que le trajet en métro est terminé, il faut sortir du wagon alors que tout le monde est agglutiné aux portes sur la plate-forme. Et je continue à rouler sur les pieds, je rentre dans le tas... Il faut à nouveau monter des escaliers sans aide (le plus souvent). Je me suis déjà coincé le dos 2 ou 3 fois en plein milieu des escaliers. J'ai beau faire attention à la façon que j'attrape la poussette, parfois, ça coince ! Et le bus ? Si seulement c'était sur mon trajet. Et faire marcher Antoine ? J'ai 10 minutes à pied pour arriver à ma station de métro. Si je fais marcher Antoine, je quadruple mon temps de transport, je finis en le portant, il s'amuse dans les escaliers et fais l'asticot gesticulant dans le métro. Ça ne le "fait" pas non plus. Alors, voilà ! Ras-le-bol !

 

A lire : La HopaStrap alias la lanière à poussette

Commentaires   

 
0 #3 ostrya 30-09-2012 22:51
Ah merci, on se sent moins seule et incomprise.. Je serais curieuse d'aller voir à l'étranger comment ça se passe, parceque même si j'adore Paris, j'en ai plus que marre des volées d'escaliers interminables et des regards désagréables à la vue d'une poussette - car sauf exception rarissime je ne vais pas dans la jungle aux heures de pointe, ou alors avec mes 12 kg de bébé sous le bras.
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0 #2 Miss Laure 30-09-2012 22:49
Merci pour ce commentaire tellement vrai. Encore plus vrai que cette semaine, je me suis faite agressée verbalement par une vraie sorcière. Je suis d'accord qu'une prise de conscience à cet égard serait la bienvenue... Nous avons tous été de enfants. A bientôt !
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0 #1 Alice 30-09-2012 22:48
Il est étonnant de lire les témoignages des réactions de passagers envers les parents avec poussette (ne sont mentionnées que les mères, d'ailleurs, comme si les pères n'étaient jamais derrière la poussette). Habitant New York, mon expérience dans le métro ici est tout-à-fait agréable. Personne n'oserait jamais demander quoi que ce soit à une mère, qui a ses droits, ni mettre en danger ou en inconfort son enfant, qui a ses droits aussi. C'est opération facile ici. Il faut plier la poussette pour monter dans le bus, mais le métro est très accessible - il y a peu d'ascenseurs ici aussi, mais jamais, JAMAIS ne manquent les volontaires pour aider au transport le long des marches. Il est triste de voir que la mauvaise réputation des parisiens semble justifiée dans ce contexte. J'ai lu ailleurs des réactions extraordinairem ent violentes aux "poussettes", témoignant d'une indignation face à l'enfant qui rappelle peut-etre comme peut etre dure et meme méchante l'éducation et l'acculturation infantile en France. Les adultse après tout sont des enfants grandis, et une blessure nationale semble jaillir des paroles que j'ai vues. Une prise de conscience, à la lumière de comportements d'autres cultures, serait bien désirable.
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